61 ans d’indépendance : Quel bilan pour la femme guinéenne ?

7/10/2019


Les héritières de Hadja Mafory et M’Balia ne doivent pas baisser les bras. Tel est le sens de l’appel que leur lance Aissatou Chérif Baldé à l’occasion de l’an 61 de l’indépendance de la Guinée.

Mon pays la Guinée a soufflé le 2 octobre 2019 ses 61 ans d’indépendance, marquant la fin du colonialisme et de l’impérialisme. Le début d’une ère nouvelle, celle de la liberté et la dignité restaurée de tout un peuple.

La Guinée, qui, dans sa lutte pour l’indépendance, demeurera marquée par le rôle intrinsèque et le sang des héroïnes, emblématiques comme M’Balia Camara, Hadja Mafory

Bangoura, semblent avoir relégué aux oubliettes le rôle primordial de la femme guinéenne dans le processus de formation et de stabilité de notre chère nation.
61 ans d’indépendance, le bilan pour la femme guinéenne reste mitigé et n’est toujours pas de bonne augure, car l’Etat guinéen n’a toujours pas compris que la femme demeure un pilier de développement économique et social pour toute société qui se veut futuriste.

Les inégalités, L’injustice, les violences conjugales, la misogynie et les préjugés, bref les pesanteurs socioculturelles auxquelles les femmes sont confrontées en Guinée deviennent de plus en plus encrées dans la société guinéenne, empêchant la création d’un environnement propice pour lutter contre elles, afin de favoriser l’indépendance et l’épanouissement de la femme guinéenne.

61 ans d’indépendance, et l’Etat guinéen n’arrive toujours pas à rétablir les fondements de la famille, restaurer la valeur de l’enfant, alléger la pénibilité de la vie de la femme, lui reconnaître sa dignité en systématisant sa scolarisation en améliorant ses conditions de travail et en valorisant son rôle de mère et son statut de femme et de citoyenne.

Les hommes guinéens connus pour leurs hostilités vis-à-vis de tout ce qui est loi, égalité du genre, justice, solidarité, font tout pour empêcher l’émergence et l’épanouissement de la femme guinéenne.

Pas étonnant lorsque nous avons un appareil d’Etat défaillant comme c’est le cas en Guinée avec des hommes aux idées rétrogrades, misogynes et pleins de préjugés à l’égard de la femme guinéenne, et sans aucun respect pour la vie de la femme.
Et pourtant, l’émergence d’une société égalitaire en Guinée est primordiale et ne peut se faire sans un changement de mentalité. Et la seule façon de changer les mentalités et les comportements est d’effectuer un travail d’éducation sur le terrain tout en ciblant les jeunes, pour leur montrer dès l’école ce que sont les relations égalitaires.

En effet, la réaction de beaucoup de jeunes hommes sur mes prises de position prouvent sciemment qu’ils sont aussi plein de préjugés et ont besoin de ce genre de cours pour comprendre qu’il n’y a pas de thèmes tabous pour les femmes et que de nos jours vous ne pouvez pas prétendre exercer le pouvoir, notamment sur les femmes, par le seul fait d’être du sexe masculin, et sans aucun bagage, intellectuel, culturel, politique et surtout sans aucune utilité pour la société.

Mes sœurs, dames guinéennes, la route pour les changements de normes et des rôles de genre calqués sur nos réalités est longue et prend certes du temps comme ce fût le cas en Europe, mais est faisable. C’est surtout une question de volonté politique et d’engagement.

L’indépendance ne s’acquiert pas sur un plateau doré, mes sœurs, ça s’arrache ! Prenons l’exemple sur nos héroïnes nationales Hadja Mafory Bangoura ou M’Balia Camara. Sur ce, repos éternel pour nos héroïnes nationales !

Par Aissatou Chérif Baldé,
journaliste-politologue, Hambourg, Allemagne
bcheriff@hotmail.com

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