Bah Thierno Mamadou, président du parti NGC : «Un homme politique doit, au-delà des discours, avoir des idées et des initiatives au bénéfice des citoyens

7/10/2019

L’engagement politique va au-delà des discours, des prises de position ou des repositionnements pour prendre forme dans les préoccupations quotidiennes des électeurs. C’est ce que démontre l’action de Bah Thierno Mamadou, président de la Nouvelle Génération pour le Changement (NGC).
Le Populaire: L’année 2019 a été marquée par plusieurs évènements dans lesquels la NGC a pris les devants. Mais c’est dans l’affaire portant sur le déguerpissement de Kaporo-rails que vous avez le plus marqué de points. N’estce pas ?
Marquer des points ? Peut-être bien ! Par contre, l’objectif n’était pas de marquer des points mais plutôt d’aider des concitoyens en détresse. Nous avons tous vécu, avec amertume, le déguerpissement sauvage et massif des habitants de Kaporo-rails. Près de 800 familles directement concernées. Vu l’ampleur du désastre, 24 heures après le début du déguerpissement, j’ai convoqué une réunion d’urgence pour voir, avec mes collègues du parti, quelles mesures d’urgence fallait-il prendre pour s’occuper des enfants, des handicapés, des femmes et soulager ainsi des familles vulnérables. Nous avons décidé de trouver des maisons le plus urgemment possible pour reloger un certain nombre de personnes. Nous avons fini la réunion à 21 heures et j’ai toute suite instruit à la cellule de communication de faire un communiqué au nom de la NGC pour demander aux Guinéens de l’intérieur et de la diaspora de nous prêter des maisons, même inachevées pourvu qu’il y ait un toit et qu’elles soient fermées. Deux heures après la diffusion du communiqué, nous avons reçu un coup de fil d’un Guinéen de la diaspora qui a mis sa villa à disposition gratuitement pour 6 mois. En moins de 48 heures, nous étions à 3 villas et un appartement misent à notre disposition par des concitoyens qui ont été sensibles à l’appel lancé par la NGC. C’est le lieu de remercier ces compatriotes qui nous ont fait confiance. Nous sommes donc allés surle terrain et commencer à mettre les familles à l’abris.
Et cela, pendant plusieurs jours ?
Oui. Nous avons travaillé ainsi plusieurs jours sans relâche et au fur et à mesure qu’on obtenait des maisons, on y allait prendre des familles et les y installer. Nous avons, au total, relogé 303 personnes. Certains pour trois mois, six mois et d’autres pour une année. La durée dépendait du bail entre les propriétaires et nous. Par exemple le troisième imam de la grande mosquée de Kapororails, Elhadj Oumar Dem qui a une famille de 27 membres avait été logé dans un duplexe sis à Kiroty que le journaliste sportif Sèga Diallo avait bien voulu me prêter pour six mois. Cet imam et sa famille viennent de libérer les lieux. Ils y sont restés cinq mois gratuitement et dignement le temps pour l’imam de souffler et trouver une solution.
C’est une initiative salutaire.
En venant en politique, j’ai opté pour servir notre pays et ses citoyens. Nous devons donc, tous, par nos moyens, nos idées ou nos relations servir notre pays. Ce sera un grand honneur pour nous de servir la Guinée en tant que Président de la République. Les préoccupations de nos concitoyens sont les nôtres et nous avons hâte de prendre en mains lesdestinées de notre pays pour sortir le peuple de la misère, en faire un havre de paix et une nation unie, forte et prospère.
Dites-nous, comment avezvous pu vous mobiliser pour réussir cette œuvre extraordinairement humanitaire ?
Vous savez, tout est question d’idées, d’organisation, de management et de volonté de servir. J’ai été très choqué, non pas pour le déguerpissement en tant que tel, mais par la manière. Elle était brusque et sauvage. Il fallait donc trouver un moyen rapide et efficace de soulager nos concitoyens. Nous n’avons pu reloger que 303 personnes. Je sais que c’est peu. Nous aurions voulu faire plus. Mais nos moyens financiers étaient limités et nous étions un moment donné à bout de souffle. Mais moralement tranquilles, puisque nous nous sommes acquittés d’un devoir à la limite de nos moyens. Sur les 303 personnes relogées, 84 étaient dans des maisons que nous avons louées quelques fois au double du prix normal. Ça nous a coutés cher, mais c’était pour une cause noble. Nous en sommes heureux. Selon les statistiques, ce sont 303 personnes relogées rapidement et gratuitement par la NGC.
Vous confirmez cela ?
Oui, 303 personnes relogées rapidement et gratuitement parle parti NGC. Et ce, dans le respect et la dignité. Cette initiative a contribué à vous promouvoir au rang des jeunes leaders politiques sur lesquels le pays peut sûrement compter.

Qu’allez-vous initier prochainement pour continuer à marquer vos concitoyens ?
Nous sommes en train de dérouler un programme initié par la NGC dans les 5 communes de Conakry. Il s’agit de dispenser des cours gratuits sur le Code de la route. Ceci, pour diminuer l’indiscipline dans la circulation, limiter les accidents de la route et fluidifier la circulation. Nous avons commencé par la commune de Ratoma où plusieurs centaines de chauffeurs taxi et taxi-motos ont bénéficié des cours gratuits sur le Code de la route. Ce programme doit se poursuivre dans les autres communes et, plus tard, dans les différentes capitales régionales du pays. La NGC réalise ce vaste programme en collaboration avec l’Auto-école SÛR que je remercie de passage. Nous sommes à quelques jours de la fin de l’année politique. Dites-nous comment la NGC la définit globalement. Ce fut une année riche en évènements douloureux. Cette année pourrait aussi être une année électorale, puisque, comme vous le savez, les législatives pourraient être pour décembre 2019. Nous y travaillons sérieusement. Alors, en ce qui concerne ces législatives, allez-vous présenter des candidats ? Oui, nous comptons y participer. Nous travaillons actuellement sur les candidatures à présenter. Certains députés ou plutôt anciens députés de l’opposition et non des moindres, souhaitent être sur la liste de la NGC. Ils ont pris goût aux avantages liés à la fonction de député et ne sont pas sûrs de pouvoir rempiler dans leurs partis politiques.
Vous dites anciens députés ? De quels députés est-il question ?
De ces députés en fin de mandat, mais qui continuent de s’y accrocher. Ils ont pris goût aux avantages liés à la fonction et ne veulent plus quitter. Certains d’entre eux savent qu’ils ne figureront pas sur une nouvelle liste de candidature pour les prochaines législatives. Ils s’agitent donc.

Lire la suite de l'Interview dans Le Populaire No 687 du Lundi 7 octobre 2019
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