Dr Ousmane Kaba invite le gouvernement à... Pourchasser les pro-3e mandat

25/6/2019

Le président du Parti des démocrates pour l’espoir (Pades) dénonce le recul démocratique. Dr Ousmane Kaba fait constater l’attitude de deux poids, deux mesures du régime qui protège les pro-3e et de l’autre, réprime les anti-3e mandat. Toutefois, il invite le Front national pour la défense de la Constitution (Fndc) dont il fait partie à recourir désormais à un large consensus avant de publier toute liste de fossoyeurs de la Constitution.
Et à cette allure du processus électoral, il doute de la tenue des législatives cette année, met en garde sur les risques de glissement au-delà de 2020 non sans mettre au défi le régime Condé qu’il dit «incapable», depuis 9 ans, de «relier même deux villes guinéennes par le goudron».

Le Populaire : Les forces vives de la nation se sont constituées en Front national pour la défense de la Constitution (Fndc) le 4 avril 2019 et dont vous faites partie. Expliquez-nous ?

Dr Ousmane Kaba : Le Fndc s’est mis en place en réaction à des velléités et des syndromes d’un 3e mandat. La Constitution de 2010 prévoit en son article 27 que le président de la République est élu pour un mandat de 5 ans renouvelable une seule fois. C’est ce qu’ils ont en train de remettre en cause aujourd’hui. Devant l’impossibilité de vouloir modifier les intangibilités, ils ont commencé à parler de la mise en place d’une nouvelle Constitution. Qui, selon les indiscrétions, prévoit deux mandats de 6 ans et un vice-président ainsi que des candidatures indépendantes aux élections nationales. L’objectif de la nouvelle Constitution est de permettre un 3e mandat. C’est dans ce cadre qu’il y a eu le front regroupant toutes les forces vives de la nation pour s’opposer à la nouvelle Constitution.

Quelles ont été les actions menées ?

Le front est une organisation hétéroclite qui comprend à la fois les partis politiques, la Société civile et le syndicat, etc. Quand vous avez un tel conglomérat d’organisations diverses, les moyens de lutte sont différents. Au niveau des partis politiques, nous avons fait notre travail de sensibilisation en expliquant aux populations les tenants et les aboutissants d’un 3e mandat. Parallèlement, il y a eu des tentatives de descente sur le terrain pour des marches et ou des meetings qui ont été interdites et stoppées. Alors qu’en même temps, lorsque c’est les organisations qui encouragent le changement de la Constitution, leurs marches et meetings sont tolérés par les pouvoirs publics. Il y a eu des échauffourées presque dans toutes les grandes villes de la Guinée. Malheureusement, le cas le plus récent à Nzérékoré, il y a eu un mort.

Que pensez de la publication de la liste des fossoyeurs de la Constitution ?

Personnellement, je dois dire que je n’ai pas été associé à la publication de la liste. Mais, c’est un élément qui rentre dans la lutte contre le 3e mandat. Je n’étais pas là. La dernière réunion à laquelle j’ai participé n’était même pas sur agenda. L’objet c’est de mettre en garde les principaux responsables qui mettent en mal la stabilité de la Guinée. Deux listes de 35 personnes dont deux avocats, le sénégalais, Me Boucounta Diallo et le français, Albert Bourgi ont été publiées par le Fndc.

Quels sont les critères qui ont servi à leur élaboration ?

Je suis un peu mal à l’aise pour commenter puisque je n’ai pas participé à la décision. Je vais quand même attirer l’attention de tout le monde qu’il faut un large consensus pour ça. Un mort a été enregistré à Nzérékoré.

Selon vous qu’estce qui a provoqué les violences?

Nous regrettons profondément ce qui est arrivé puisque ça ne devait pas arriver en Guinée. Nous sentons bien qu’il y a des restrictions des libertés publiques. Depuis très longtemps, nous voyons les indices. Le gouvernement n’autorise plus les partis politiques. Tellement l’administration était de mauvaise foi qu’à la naissance du Pades, il a fallu que nous traînions le gouvernement devant la Cour suprême où nous avons eu raison. Et puis, après, nous avons obtenu l’agrément du parti. Le gouvernement n’accorde plus d’autorisations pour les radios libres. La presse est en pleine restriction. C’est un très grand recul démocratique. Sinon, le président de la République a dit publiquement que c’est au peuple de s’exprimer dans un sens ou dans un autre. Nous notons seulement sur le terrain, que les mouvements pro 3e mandat ne sont pas inquiétés. Tandis que les mouvements anti 3e mandat sont réprimés. C’est une situation que nous déplorons. Alors que ce sont ceux qui sont contre un 3e mandat, qui sont dans la légalité de la Constitution actuelle. Donc, ce sont les promoteurs qui devraient être pourchassés. Nous regrettons cette violence parce que nous devrons être capables de faire des débats politiques sans qu’il y ait de la violence dans le pays. La stabilité et la quiétude c’est très important

Front accuse le député Damaro Camara et le ministre Bantama Sow d’avoir provoqué l’affrontement en appelant à traquer les membres du Front partout où il se trouvent. Est-ce que c’est lié?

Ce qui est sûr les appels à la violence par les hommes publics mènent toujours à la violence. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles la Cpi intervient pour mettre en garde ceux qui prônent la haine spécifiquement les hommes politiques qui sèment les germes de la violence. Ce sont des propos qu’on ne devrait pas pouvoir tenir dans ce pays-là.

Vos collègues de l’opposition accusent la Ceni de connivence avec le gouvernement dans la conduite de la procédure de recrutement de l’opérateur. Qu’en pensez-vous?

Je n’avais pas assisté, là aussi, à la réunion. Peut-être qu’il y a eu un manque d’explication. Mais, en réalité, il ne s’agit du recrutement d’un nouvel opérateur, mais d’acheter un logiciel de traitement de la base des données du fichier. A cette allure, pensez-vous qu’on puisse aller aux législatives en 2019? Je commence à avoir des doutes parce que la Ceni ne peut que proposer un calendrier. Et que c’est au gouvernement de faire les décaissements nécessaires pour que la Ceni puisse avoir sa vitesse de croisière. Par le passé, nous savons que le gouvernement traine les pieds chaque fois qu’il faut décaisser de l’argent. Ensuite, la Ceni est obligée de revoir le chronogramme qui est proposé. C’est ça le schéma du glissement. J’ai bien l’impression qu’on commence déjà à glisser.

Risquons-nous un syndrome congolais?

Le concept de 3e mandat a trois facettes. La première chose c’est modifier la Constitution. Si cela ne passe pas, on fait la 2e étape qui consiste à introduire une nouvelle Constitution.

Lire la suite dans LE POPULAIRE N°672 DU LUNDI 24 JUIN 2019

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