Inopportun discours de rattrapage : Alpha Condé déclenche les hostilité

10/9/2019

Les promoteurs et défenseurs l’alternance au sommet de l’Etat sont avertis. Les hostilités sont déclenchées. A quelques mois de la fin de son second et dernier mandat de chef de l’Exécutif, le discours à la nation livré par Alpha Condé dévoile trois points de la méthode – jusque-là dissimulée – du plan de reconquête du temps perdu dans la réalisation du très controversé projet de «consultation» du peuple souverain.

En trois points, l’adresse à la nation livrée dans la soirée du 4 septembre 2019, lance un processus devant aboutir à la réalisation des tâches préliminaires de son projet de «consultation». La charpente du discours montre bien qu’ Alpha Condé a trouvé son argument à lui, son boucémissaire et son calendrier (caché) - que lui seul consultera le moment venu pour proposer son projet à l’appréciation du peuple ou de ses élus.

Argumentaire

L’argument, Condé l’adosse à son « histoire personnelle ». «J’ai toujours mis au centre de mes préoccupations, l’intérêt de la Guinée, jure-t-il. Il étale ses dires sur ses 40 ans d’opposition aux régimes qui se sont succédé en Guinée, son combat politique, et « les premières années difficiles » de son mandat de chef de l’Exécutif. Toutefois, il n’oublie pas que « notre pays vient de loin avec un héritage lourd » lorsqu’il affirme fièrement que grâce à son leadership, « notre pays avance. Il est sur la bonne voie ». Alpha Condé rassure surtout les forces vives de la nation au nombre desquelles ceux qui, faute d’opportunités sur place, prennent les pieds au cou à la recherche d’un hypothétique eldorado de l’autre côté de la méditerranée, lorsqu’il affirme «que (sa) préoccupation est la jeunesse et (son) devoir est de lui garantir son avenir ». En ce qui concerne le «peuple» dans sa globalité, le chef de l’Etat en fin de mandat, insiste à dire «aujourd’hui encore, au moment où partout dans le monde, les peuples décident tout seul de leur destin et font l’histoire, (qu’il) reste convaincu que le peuple a toujours raison...» Et que « notre peuple a l’occasion de faire ses choix et d’exprimer sa volonté lors des élections» à venir. Sans commentaire. La véracité de ces arguments-là est à prendre avec des pincettes, puisqu’à un moment donné, Condé déclarait préférer improviser que lire des discours. Il n’empêche que cette fois-ci, en s’adressant à la nation, il est sorti de son long silence sur la crise électorale pour déclarer qu’il « invite tous les acteurs impliqués dans l’organisation des élections législatives à redoubler d’effort et d’ardeur dans le travail, à se mobiliser tous pour que ces élections se tiennent dans le courant de cette année ».

Bouc-émissaire

Cette partie de sa déclaration mérite surtout d’être soulignée quand on sait que dans un régime de type présidentiel comme celui de la Guinée, c’est à lui, le chef de l’Exécutif, qu’est toujours revenu le véritable dernier mot dans la programmation du processus électoral. Sûr de cela, Alpha Condé « engage » le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et son gouvernement « à soutenir et accompagner la Commission nationale électorale indépendante (CENI) (...) afin de créer les meilleures conditions de préparation et d’organisation des scrutins attendus». Il dit comprendre «le débat en cours dans le pays sur tous les sujets de préoccupation y compris la Constitution. (Mais) avant toute prise de position personnelle, (il se donne) le devoir d’écouter tout le monde». «Pour ce faire, j’instruis le Premier ministre(...) d’initier des consultations avec les institutions(...), les partis politiques, les syndicats, (et) la société civile (...) pour que le débat porte sur les arguments et les recommandations.»

Période

Comme le pays se trouve dans un environnement institutionnel fragile où gouvernance ne rime pas encore avec respect des prérogatives de chaque pouvoir régalien, le chef d’Etat se donne le luxe d’entretenir le flou artistique autour de son projet et de cacher le calendrier des consultations. Ce qui pourrait radicaliser les positions des opposants à ce projet au contenu gardé secret pour on ne sait quelle raison évidente.. Par Gordio Kane

In le Populaire, No 683 du Lundi 9 septembre 2019
partenaire de www.conakrylive.info

COMMENTAIRES



Tags









Facebook

Guinée : le chef de l'Etat s'oppose à l'adoption d'une loi autorisant la polygamie http://www.conakrylive.info/fichiers/blog16.php?code=calb9365&langue=fr&type=rub17







Menu

Contact Us

Votre message a t envoy!
Merci pour votre intrt.