Mortalité maternelle préoccupante en Guinée: 550 décès pour 100 000 naissances

21/9/2020

Le nombre de femmes qui meurent en donnant la vie est préoccupant en Guinée. C’est le cri d’alarme de la réunion de coordination des actions en faveur de la Santé de la reproduction, de la mère, du nouveau-né, de l’enfant de l’adolescent et de la nutrition (Srmnia-n) organisée par le ministère de la Santé du 15 au 17 septembre 2020 à Conakry avec le soutien financier de la Banque mondiale.

L ’objectif de la réunion était de « contribuer à l’amélioration des indicateurs afin d’accélérer la réduction de la mortalité maternelle néonatale, infantile et infanto juvénile » en Guinée. La réunion a ainsi donné l’occasion aux participants d’avoir une idée sur le niveau d’exécution des activités réalisées durant le premier semestre 2020, de connaitre la tendance des décès maternels, néonatal et infantiles en situation de Covid19 pour la période du premier semestre 2019 par rapport au premier semestre 2020 et de suivre l’évolution des indicateurs sur la Santé de la reproduction durant les mêmes périodes.

A ce niveau, les résultats du monitoring 2019 et la tendance des décès maternels, néonatals et infantiles durant les premiers semestres 2019 et 2020 ont attiré le plus d’attention. C’est pour cela que Mme Djeney Kaba, directrice nationale de la Santé familiale et de nutrition, a appelé les intervenants à redoubler d’efforts pour la réduction de la mortalité maternelle néonatale, infantile et adojeunes malgré le contexte de la covid-19 qui prévaut et gène énormément la mise en œuvre des activités à tous les niveaux. Prenant la parole au nom des partenaires techniques et financiers, Dr Freddy Essimbi, responsable du Mécanisme de financement en Guinée, a salué les efforts fournis par les organisateurs de la réunion pour la présence massive des acteursmalgré le contexte de la covid19.

Après ce propos liminaire, il a indiqué que quand on parle de santé maternelle, il y a forcément un chiffre qui nous interpelle. Et quand on parle de 550 pour 100 000 naissances vivantes, fait comprendre Dr Essimbi, c’est en effet près de la moitié de la ville de Koubia. Cela veut dire, explique-t-il, que le nombre des femmes qui meurent en donnant la vie est équivalent à la moitié de la ville de Koubia ou de Tougué.

Donc, on doit réfléchir sur comment améliorer cet état de fait afin de pouvoir sauver des vies. Et si on s’est déplacé aujourd’hui pour venir prendre part à cette rencontre, commente Dr Essimbi, c’est que nous avons fait le pari de faire baisser ce chiffre-là. Donc, nous sommes acteurs et garants de la vie de nos mamans, de nos sœurs, de nos enfants et de nos nouveaunés. Alors, Dr Freddy Essimbi, rassure les participants à cette réunion de coordination que les partenaires de la Guinée présents essaient de mieux qu’ils le peuvent à répondre présents en fonction des doléances et des orientations de la Direction nationale de la santé familiale et de nutrition. De son côté, Dr Feridah, cheffe de la Division santé de la reproduction à la Direction nationale de la santé familiale et de nutrition, qui a présenté les grandes lignes du plan stratégique 2020 -2024, a affirmé que dans la mise en œuvre du plan de lasanté de la reproduction, de la mère, du nouveau-né, de l’enfant de l’adolescent et de la nutrition, tout doit être fait en sorte qu’« à l’horizon 2024, toutes les mères, les nouveau-nés, les enfants et les adolescents, jeunes, bénéficient d’un accès optimal aux soins et services Srmnia-n de qualité d’une manière efficiente, équitable, fondé sur les droits humains avec la pleine participation de tous».

Notamment sur l’accroissement du taux d’accouchement assisté par des personnels qualifiés, de la réduction substantielle du taux de mortalité maternelle, néonatale et infanto-juvénile et de la prévalence contraceptive. L’objectif étant d’éliminer les décès maternels, néonatales, infantiles et infanto-juvéniles évitables et promouvoir le bienêtre des femmes, des nouveau -nés, des enfants, des adolescents et des jeunes en utilisant une approche multisectorielle basée sur les droits et l’accès universel aux services de Srmnian fournis dans un continuum de soins respectueux.
Ratio préoccupant Le tableau sanitaire du pays présenté par Dr Ouleymatou Diallo, coordinatrice adjointe du Programme national de la santé maternelle et infantile (Pnsmi) montre que la situation dans le pays reste préoccupante, avec un ratio de mortalité maternelle de 550 décès pour 100 000 naissances vivantes.

Dr Diallo énumère les principaux facteurs qui contribuent au niveau élevé de mortalité maternelle en Guinée. Ce sont, entre autres, les grossesses précoces ou tardives ou multiples ; le faible taux de complétude des consultations prénatales et postnatales ; le faible taux d’accouchements assistés par du personnel qualifié ; le retard dans la référence et la prise en charge des cas dans les structures de santé ; l’insuffisance de personnels qualifiés et le manque de médicaments, matériels et équipements essentiels pour les soins obstétricaux.

Quant au ministère de la Santé, Dr Diallo note que celui-ci fait face à des contraintes au nombre desquelles l’insuffisance du nombre de jours planifiés pour le monitoring; le mauvais état des routes surtout les pistes rurales ; le chevauchement des activités sur le terrain ; la faible préparation des structures de santé à l’exercice. Coordinatrice du Programme national de la santé maternelle et infantile (Pnsmi), Dr Antoinette Helal fait noter que 8 millions de femmes sont victimes de complications liées à la grossesse et à l’accouchement et plus d’un demi-million d’entre elles décèdent. Près de 99% de ces décès surviennent dans les pays en développement chaque année dans le monde et près de 9 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent chaque année. Qu’à cela ne tienne, la Guinée fait partie des pays qui font duprogrès dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale, bien que les indicateurs restent encore élevés.

Devant cette situation, affirme Dr Helal, le ministère de la Santé a inscrit dans ses perspectives le renforcement non seulement de la qualité et la couverture des interventions à hauts impacts en Srmnia-n, de la disponibilité en médicaments, réactifs, équipements consommables et autres intrants, et la disponibilité des ressources humaines de qualité à tous les niveaux, mais aussi et surtout l’amélioration de la qualité des données collectées afin d’amener les populations à adopter des comportements favorables à la survie et au développement de la mère, du nouveau-né et de l’enfant.

La réunion de coordination des actions en faveur de la Santé de la reproduction, de la mère, du nouveau-né, de l’enfant de l’adolescent et de la nutrition (Srmnia-n) était pilotée par la Direction nationale de la santé familiale et nutrition (Dnsfn). Elle a enregistré, selon les organisateurs, 60 participants issus de la Coalition de la société civile pour le repositionnement de la planification familiale, des organisations évoluant dans le domaine de la santé, des ministères de l’Education nationale, de l’Autonomisation et de la Santé, ainsi que des partenaires de la Guinée.

Par Kadiatou Thierno Diallo

In Le Populaire, No 737 du Lundi 21 septembre 2020
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