« Les enfants ont toujours besoin d’avoir quelqu’un à leurs côtés, et d’autant plus en temps de crise. »

13/5/2020

Assise près de moi dans le village d’enfants SOS Greenfields (Inde) où j’ai grandi, Asha, 11 ans, me demande : « quand est-ce que je pourrai aller à l’école ? Et jouer avec mes amis ? Maman travaille beaucoup… j’aimerais lui faire un bisou et un câlin. » Pour être honnête, je n’ai rien à lui répondre. Alors j’ai simplement dit : « bientôt ma petite, bientôt ». Partout dans le monde, tous les enfants posent ces mêmes questions, qui restent sans véritable réponse.

Le monde n’était absolument pas prêt à faire face à la pandémie du coronavirus. Comme souvent, nous nous sommes adressés à Google ou Wikipédia, mais là non plus, pas de réponse valable. La seule chose que nous pouvons faire, c’est nous assurer de la sécurité des enfants et des familles. Et c’est précisément ce que fait SOS Villages d’Enfants depuis plus de 70 ans, à travers 136 pays et territoires.

Arrêtons-nous un instant pour réfléchir : qu’arrivera-t-il à la prochaine génération ? Une chose est certaine : le monde sera différent, très différent. Beaucoup d’entre nous vivent dans la peur, celle d’attraper ce virus potentiellement mortel, et celle de le transmettre à leurs proches.

Il est de notre responsabilité, à vous et à moi, de veiller à la sécurité de la prochaine génération, de lui assurer un avenir sûr. S’agissant des enfants isolés ou risquant d’être séparés de leurs familles, le problème est d’autant plus délicat. Les enfants ont toujours besoin d’avoir quelqu’un à leurs côtés, et d’autant plus en temps de crise. Le débat tourne aujourd’hui principalement autour des adultes, et nous nous exposons à de lourdes menaces en ignorant l’impact direct et indirect de la pandémie sur les enfants. Nos premiers échanges avec nos collègues et partenaires du monde entier ont révélé que de plus en plus d’enfants auraient besoin d’une prise en charge de remplacement, du fait de l’explosion des cellules familiales ; phénomène qui, souvent, pourrait et devrait être évité.

J’entends de plus en plus parler de « nouveaux pauvres ». Des millions de travailleurs journaliers se retrouvent sans emploi, et sans abri. Leur survie est en jeu. Et n’oublions pas qu’ils ont des familles, des enfants. Que se passera-t-il si nous ne nous serrons pas les coudes pour veiller à ce que les enfants ne se retrouvent pas seuls ? Aujourd’hui, nous avons besoin de solidarité plus que de toute autre chose, il nous faut nous concentrer sur ce qui nous lie, plutôt que sur ce qui nous divise.

En nous unissant, en nous soutenant les uns les autres, nous parviendrons à faire face à l’impact de ce coronavirus sur les enfants, les jeunes et les familles. Nous n’avons pas encore de réponse à la question d’Asha, mais tous ensemble, avec l’expertise et le soutien de la famille locale et internationale de SOS Villages d'Enfants, nous pouvons veiller à ce que des milliers d’enfants aient quelqu’un à leurs côtés en ces temps de crise.
Prenez soin de vous, et n’oubliez pas les enfants.

Siddhartha Kaul
Président de SOS Villages d’Enfants International

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