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MINES : L’exploitation des mineurs dans l’orpaillage’’ cas de la localité de Doko (Enquête)


22/5/2018

Les causes de la déscolarisation en zone d’exploitation artisanale

Hawa Camara est âgé de 14 ans, mais elle ne va pas à l’école. Depuis trois ans, elle travaille dans une mine artisanale à Doko, située dans la préfecture de Siguiri, à près 800 km à l’Est de Conakry.

« Ça fait trois ans que je viens dans cette mine artisanale de Doko. Je ne vais pas à l’école parce que j’ai un problème d’argent. C’est mon papa qui me soutenait mais il est décédé et ma maman est malade elle ne peut pas supporter les frais de mes études. Donc je suis venue chercher de l’argent et une fois que j’aurais un peu d’argent je retournerais à l’école. Parfois je gagne 30 ou 60.000FG par jour. C’est une question de chance ».

Selon cette fille, les zones minières ne doivent pas être fréquentées par les enfants : « Je pense qu’une fois que j’aurais un peu d’argent, je vais retourner à l’école. Les mines ne sont pas bonnes pour les enfants c’est les parents qui sont biens dans ces zones. Elle conseille en disant que le travail minier est éphémère. Je conseille les autres amis de ne pas abandonner l’école au profit de la mine d’or. Parce que je regrette aujourd’hui mais dès que je gagne un peu d’argent je vais retourner à l’école ».

L’orpaillage à Siguiri en Haute-Guinée, précisément dans la sous-préfecture de Doko entraine une forte migration des jeunes exposés à des dangers à tous les niveaux.

Les salles de classes sont presque vides au profit des zones d’exploitation artisanale. Dans les sites d’exploitation, les enfants sont présents en train de travailler, tirer la corde, d’autres à la laverie, pour disent-ils chercher de l’argent pour leurs familles.

Ils sont sous le soleil, entrain de creuser, les bébés sur le dos de leurs mamans, exposés au soleil. Par contre, il y a les mineurs garçons de 15 ans qui consomment de la drogue (cannabis) disent-ils pour leur permettre de faire des travaux durs pour prendre des poids lourds et creuser sans se fatiguer très vite.

Les filles mineurs elles travaillent aussi dans les mines, notamment au niveau des laveries, mais aussi font le petit commerce, de l’eau, du bonbon et même revendent du cannabis parfois, selon un activiste de la société civile de la zone.

Que faire?

Dans le code de l’enfant en Guinée, il est écrit que tout être âgé de moins de 18 ans est un enfant. Des extraits de ce code de l’enfant illustrent à bien les dispositions à prendre pour la protection de l’enfant.

« L’intérêt supérieur de l’Enfant qui doit être considération primordiale dans toutes les interventions et décisions prises conformément aux dispositions du code ;
La responsabilité des parents et leur implication active dans toutes les phases de l’intervention aménagée par le code ».


D’après la loi donc l’Etat et les parents ont une responsabilité de protéger les intérêts des enfants.
L’année passée lors de la journée nationale des orpailleurs de Guinée, l’Association des orpailleurs a signé un pacte avec l’Etat en s’engageant à interdire la présence des enfants dans les zones d’exploitation artisanale.


Malgré cet engagement, il reste évident que la présence des enfants dans les zones minières est de plus en plus remarquable.

Et c’est pourquoi le travail des enfants mineurs dans ces sites aurifères est toujours fréquent et il persiste davantage.


Quelles sont les risques?

Pour M. AkoyeGuilavogui, responsable de la division protection de l’enfant au ministère de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, « les enfants n’ont pas leur place dans les mines ».

Il dira que « l’extraction des mines n’a pas d’avantage pour les enfants, parce que l’enfant doit être dans un cadre, dans un environnement protecteur, la place de l’enfant ce n’est pas dans les mines quel que soit la circonstance, quel que soit la conjoncture l’enfant doit être à l’école et en famille ».

Il estime que c’est une forme extrême d’exploitation de l’enfant, qu’il soit dans les mines, qu’il soit dans le dos de sa maman ou qu’on le met au soleil pour exploiter les mines c’est une forme d’exploitation. C’est une forme de violence à l’égard des enfants parce que c’est fait contre leur gré.

En guise de solution, Akoye Guilavogui préconise « Il faut développer davantage et renforcer l’éducation familiale et communautaire, il faut renforcer le mécanisme de prise en charge au niveau de l’Etat. Les écoles doivent continuer à fonctionner, il faut aussi développer le mécanisme de formation professionnelle et la dernière solution, il faut que les familles s’engagent à soutenir leurs enfants ».

L’ampleur du problème
Amadou Bah, directeur exécutif de l’ONG Action-Mines Guinée : « L’ampleur est très grande, il y a eu la déscolarisation de beaucoup de jeunes, le taux de délinquance lié à l’abandon de l’école au profit de l’exploitation minière est très élevé dans la zone parce que c’est des enfants qui n’ont pas 18 ans, qui travaillent de manière très exécrable avec parfois des majeures et puis ils apprennent toutes sortes de fléau de la drogue et pourquoi pas la prostitution pour les jeunes filles »


Les Chiffres qui disent long

Selon le vice-président de l’Association de orpailleurs de Guinée, Tidiane Traoré, tant que les études que ne seront faites, il est impossible de donner avec exactitude les chiffres sur le nombre d’orpailleurs ou le nombre d’enfants parmi les orpailleurs.
L’avis d’un enfant:


Pour Mohamed Mansaré 15 ans : « cela fait un an depuis que je fréquente cette mine d’or. Je viens auprès de mon grand frère pour chercher l’argent. Je ne vais pas à l’école parce que mes parents ne m’ont pas mis à l’école, ils disent qu’ils n’ont pas été à l’école donc moi aussi je ne peux pas aller à l’école. Je dis à l’Etat de soutenir les enfants à partir à l’école ».

L’avis d’une enseignante:

Nangnouma Camara enseignante à Siguiri et native de Doko, affirme que la fréquentation des élèves à tendance à diminuer au profit des activités minières: “La déperdition scolaire, la fréquentation des élèves à l’école à tendance à diminuer au profit des activités minières. Parce qu’ils pensent que cette activité remporte plus par rapport aux autres activités parce qu’ils gagnent ce qu’ils veulent. Cela a beaucoup joué sur l’éducation des enfants de Siguiri plus particulièrement ceux de Doko. Tous les villages qui se trouvent à Doko, il ya des mines un peu partout à travers la sous-préfecture.’’

Pour solution, Nangnouma Camara indique :”les ONG et les structures de défense des droits de l’enfant viennent s’impliquer en faisant des sensibilisations auprès des parents à bien réfléchir sur l’avenir des enfants et surtout de la nation.”

L’avis de l’Administration

Issa Traoré directeur sous-préfectoral de l’éducation de Doko:” les enfants ne viennent pas à l’école comme on le veut et surcout le nombre. Quand l’effectif n’est pas comme ça par endroit, ça joue sur le taux de scolarisation et le taux de scolarisation est faible. Avec la présence des mines, beaucoup d’enfants sont dans les mines. Cette année, il y a 3200 et quelques inscrits dont 1200 et quelques filles, ça doit aller au-delà de ça. Le taux de fréquentation des garçons dépasse celui des filles, dans l’ensemble, il y a 14800 et quelques élèves et il y a que 5000 milles filles.”

Pour solution, Issa Traoré:” Il faut qu’il y ait des mesures d’accompagnement à travers les ONG internationaux par exemple, le PAM faisait la distribution de l’huile filles et cela encourage. Améliorer le panier de la ménagère, Favoriser aussi, dire que, quiconque envoie son enfant à l’école aura telle faveur parce que dans notre zone c’est l’intérêt immédiat que les gens considèrent.”

L’avis d’un maire

Fatoumata Binta Sow, secrétaire générale de la commune rurale de Doko et maire par intérim, souligne que les autorités doivent jouer leur rôle:” Pour lutter contre le travail des enfants dans les zones minières, il faut sensibiliser les parents pour que les enfants aillent à l’école, et faire de telles sorte qu’il ait des centres Nafa parce qu’il y a des jeunes filles et des jeunes garçons qui vont dans les mines. Les autorités aussi doivent jouer leur rôle en rendant la cellule de redevabilité opérationnelle, c'est-à-dire les centres d’autonomisation.”

L’avis de la société civile

Djanko Dansoko, président de la société civile de Doko : « Ce n’est pas seulement les enfants de Doko qui sont dans ces zones minières à Doko, il y a les enfants des autres venant de la Sierra-Leone et des quatre régions naturelles du pays. On ne peut pas les condamner de ne pas rentrer dans les mines d’or parce que chacun vient pour chercher de l’argent à cause de la pauvreté.”

Pour la solution, Djanko Dansoko, note : “C’est la sensibilisation de la population, mais l’Etat doit intervenir à soutenir les élèves dans les écoles en les donnant le mangé comme le faisait le PAM.”


Seydou Condé, ingénieur des mines et chargé d’études à la direction préfectorale des mines et géologie de Siguiri:”On a dit qu’il est interdit aux mineurs l’accès dans la mine. Autrement dit les mineurs ne doivent pas aller à la mine. Pour être dans la mine, il faut avoir au minimum 18 ans, tout être garçons ou filles qui n’a pas l’âge de 18 ans en principe ne doit pas avoir accès à la mine.”

Comme solution, Seydou Condé, met en cause les tombolomas:” Solution : il faut mettre les tombolomas (police des mines) dans les mines pour chasser les enfants qui sont dans les zones d’orpaillage parce qu’ils connaissent bien ces zones d’orpaillage.”

Pour le préfet de Siguiri, Ibrahima Kalil Keita:” Cela est devenus rare c’est des étudiants qui ont fini l’université qui viennent travailler dans ces zones minières. C’est l’ambition démesurée de ces enfants qui les amène dans ces zones minières.”

Pour solution, le préfet propose la sensibilisation: « beaucoup d’activités juvéniles sont prévues dans toutes les écoles, et la création des centres d’intérêts pour les jeunes pour ne pas s’ennuyer et des séances de sensibilisation dans les mosquées, dans les familles et dans les communautés ».

Labass Conté, responsable administratif et financier de l’ONG HERE-Guinée basée à Siguiri : « Dans les mines d’or à Doko, on a constaté qu’il y a des mineurs, ça nous fait mal, réellement de voir des enfants dans les mines que ça soit les jeunes filles ou les jeunes garçons qui n’ont même pas l’âge de venir dans les mines d’or ».

Pour Labass Conté : « Il faudrait essayer de conscientiser les parents pour que les enfants se dirigent vers l’école ou vers des centres de professionnalisation au détriment de la mine qui n’apporte rien aux mineurs si c’est pas des dégâts ».


Qu’est ce qui se passe en Côte d’Ivoire?
Solutions éventuelles


Quest ce qui se passe en Côte dIvoire?

En Côte dIvoire, lorpaillage nest pas légalisé, donc cest une activité qui se fait clandestinement.

Selon Mme Digbeu Noelie Florance, présidente de lONG Dignité dAfrique, une ONG qui intervienne en milieu scolaire sur les violences basées sur le genre et la mal traitance des enfants indique quau niveau du site Angovia, il y a des enfants qui quittent l’école pour aller sur les sites dorpaillages clandestins. Et quil y a eu des cas de décès des élèves enregistrés sur les sites dorpaillages et le 10èmecas de décès dun autre élève date du 12 décembre 2017.

Solutions éventuelles


Pour solution, Mme Digbeu Noelie Florance, propose, de faire un plaidoyer auprès du gouvernement pour aider ses enfants, les canaliser et aider ceux qui sont devenus déscolarisés en faisant des formations, les amener à créer des entreprises eux-mêmes, les réinsérés dans la vie active. Faire des sensibilisations au niveau des parents pour quils prennent leur responsabilité, auprès des chefs religieux et des leaders communautaires.

A noter qu’à Doko, il y a la déperdition scolaire mais il y a aussi un manque dinfrastructures scolaires parce quil y a certaines salles de classes qui sont faites en hangars.

Note de la Rédaction :

«Cet article a été produit par Mahawa Bangoura, journaliste au site web guinéen www.conakrylive.info et rédigé dans le cadre d’un programme de développement des compétences medias dirigé par la Fondation Thomson Reuters. Le programme est financé par le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ) et exécuté par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH. Le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ) et la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH ne sont pas responsables des contenus publiés, ceux-ci relevant exclusivement de la responsabilité des éditeurs.»

Mahawa Bangoura
En provenance de Doko
Préfecture de Siguiri
mahawabangoura716@gmail.com
Tel: +224 666 112 306
+224 655 483 039
Pour www.conakrylive.info











 
 


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