INTERVIEW : Colonel Layaly Camara, DN des Eaux et Forêts parle de la dégradation avancée du couvert végétal en Guinée

16/4/2021

Considérée à juste raison comme le château d'eau de l'Afrique Occidentale, la Guinée dispose de plusieurs fleuves qui arrosent plusieurs pays de la sous-région ouest africaine.

Aujourd'hui force est de reconnaître que ces cours d'eau sont menacés par le tarissement pendant la saison sèche, à cause de la forte dégradation de l’environnement. C’est justement ces facteurs de dégradation de l’environnement que le Directeur national des Eaux et Forêt explique dans cet entretien qu'il a bien voulu accorder à notre rédaction, en prélude au lancement des activités de communication et de sensibilisation de la structure « Facture Communication », pour préserver l’écosystème maritime dans les zones minières du pays. Lisez


Bonjour Monsieur, merci de vous présenter aux lecteurs de conakrylive.info ?

Je suis Colonel Layaly Camara, Directeur National des Eaux et Forêts, au ministère de l'environnement des Eaux et Forêt.

Dites-nous aujourd'hui quel est le problème majeur qui est en train de détruire l'environnement de notre pays ?

Il y a une série de problèmes. C'est un pays qui vient de loin. Aujourd'hui la destruction de l'environnement est une réalité. Si nous essayons de faire un regard rétrospectif sur le paysage guinéen, durant la 1ère République, les ressources forestières étaient gérées par l'Etat. La transformation, des activités de reboisements étaient sécurisées grâce à l'implication directe de l'Etat. A l'arrivée de la seconde République, il y a eu l'ouverture, nous avons assisté à la fermeture de la fonction publique. Donc il y a eu le dépressage aussi donc c'est ce qui a occasionné un mouvement vers le poids parce que c'était l'argent facile. Donc de 1990 jusqu'à 2000 le pays a connu une influence des réfugiés venant du Liberia, de la Sierra Leone avec le déplacement massif des populations. Alors cela a eu un impact négatif sur les ressources forestières.

Alors aujourd'hui vous avez suivi avec intérêt les différentes interventions des acteurs pour la protection de l'environnement. Quel constat dressez-vous sur cette situation ?


Non il faut faire le constat pour voir quelles sont les causes de la destruction de l'environnement? Aujourd'hui il y a la coupe du bois pour diverses raisons, coupe du bois d'œuvre, coupe de bois de charbon, du bois pour l'installation des fours à briques, ça c'est l'une des causes. Maintenant, il y a l'exploitation minière à outrance tant industrielle que artisanale. Si vous partez dans les zones comme Boké - Boffa- Kindia- Siguiri - Mandiana, vous verrez la destruction de l'environnement. Il y a aussi l'élevage extensif, il y a l'agriculture sur brûlis, il y a les feux de brousse qui dévorent de grande superficie après leur passage. La forêt aujourd'hui surtout en cette saison sèche, on constate les feux de brousse partout, voilà tant de facteurs qui agissent négativement sur le couvert végétal de notre environnement. Et sans oublier que la Guinée est un pays stratégique. Il y a 1 161 cours d'eau qui arrosent le pays dont 4 grands fleuves prennent leur source et abrogeant la sous-région. Voilà autant de dangers environnementaux et donc le défis est là, il faut que tout le monde s'implique à commencer par vous la presse.

Quel est l'impact de la dégradation de l'environnement sur la vie des citoyens et quelles sont les dispositions prises par le département pour changer la donne ?

Il y a l'impact direct et il y a le réchauffement climatique. Nous sentons tous les jours l’augmentation de la température. Il y a la chaleur, il y a la perturbation de la pluviométrie. Avant il pleuvait 6 à 7 mois dans l'année. Mais à présent il y en a dans certaines préfecture ça va jusqu'à 4 mois. Donc nous constatons une perturbation de la pluviométrie, avec le tarissement des cours d'eau. Donc avec la dégradation de l'environnement nous constatons une pollution dans nos milieux urbains. C'est pourquoi on dit souvent qu'une ville ce n'est pas seulement un béton ou le fer qu'il faut reboiser, car le couvert végétal à une fonction d'absorption de gaz carbonique et rejet de l'oxygène.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes souvent confrontées?

Les difficultés sont énormes. Souvent il y a un problème de moyens techniques, les moyens sont limités, nous sommes dans le contexte de la pauvreté, il y a l'analphabétisme, il y a la cupidité de certains opérateurs, etc. Actuellement nous menons une lutte contre les braconniers surtout ceux qui font le commerce illicite en essayant de toujours exporter des espèces qui sont menacées, alors que ces espèces doivent être protégées et préservées au compte de notre environnement. Donc il faut un appui des partenaires et tous les pays de la sous-région pour ne pas que les fleuves tarissent parce que la cadence de reboisement est inférieure à celle de l'exploitation.

Merci mon Colonel ?

C'est à moi de vous remercier.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Camara
621269981
Pour www.conakrylive.info

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