Pisciculture dans le désert, ou le pari gagné de Kaouther Rojbani

13/2/2021

Le projet de la jeune Tunisienne consiste à l’élevage en eau douce de poissons thermophiles résistant à la chaleur. Il s'agit du deuxième projet du genre en Tunisie.

Tunis (dpa) - Quand la jeune Tunisienne Kaouther Rojbani a décidé de lancer un projet de pisciculture dans sa ville natale Beni Khedache, une région montagneuse proche du désert, au Sud-est de la Tunisie, la plupart des réactions autour d'elle étaient teintées de surprise et d'ironie. Kaouther est étudiante en master à l’Institut Supérieur de Pêche et d'Aquaculture (ISPA) de Bizerte (Nord), ville distante de pas moins de 500 kilomètres de Beni Khedache, relevant de la province de Médenine.

« Je me suis aventurée, ici, au Sud de la Tunisie. Mon projet consiste à l’élevage en eau douce de poissons thermophiles résistant à la chaleur », confie la jeune entrepreneure. « L'un de mes proches possède une ferme à Beni Khedache, et il m'a encouragée à lancer ce projet, ici », ajoute Kaouther dans un entretien accordé à la dpa. Le projet a d'abord étonné tout le monde, puisqu’en Tunisie, la plupart des projets de pisciculture sont situés sur le littoral.

Obstacles bureaucratiques

En décidant de concrétiser ses idées, le chemin de la jeune entrepreneure n'était pas parsemé de roses. Faute de moyens financiers, elle a dû emprunter 1000 dinars (environ 300 euros) pour lancer son projet. « Les obstacles les plus difficiles sont la bureaucratie et les procédures d'obtention d'une licence », raconte-t-elle.

Comme le projet lui-même était « risqué », Kaouther a préféré que le lancement se fasse en quantités limitées, ne dépassant pas 1000 alevins. « Je prépare moi-même la nourriture destinée aux poissons à partir d'ingrédients naturels afin que ni le poisson ni le consommateur ne soient affectés », affirme-t-elle.

Kaouther vend ses produits en gros, pour des établissements publiques comme les hôpitaux et les casernes ou ses poissons ont trouvé un bon accueil, explique-t-elle. Récemment, des clients privés commencent à venir directement à sa ferme pour acheter.

Défi aux conditions climatiques

Kaouther envisage de développer ses activités sur le marché intérieur. Par ailleurs, elle ne compte pas se limiter à l'élevage du poisson. « Je veux également m'orienter vers la production des légumes et des fruits, en utilisant des technologies qui permettent aux poissons et aux racines des plantes de profiter de la même eau », dit-elle.

Ce projet piscicole dans le désert est le deuxième du genre en Tunisie après celui mis en place, en 2017, à Tataouine (Sud) par le jeune Mohamed Tounekti. « Ce projet est un défi aux conditions climatiques difficiles, car le désert où règnent chaleur et aridité est, par principe, un espace répulsif et n’attire pas généralement les gens », selon le chercheur en sociologie Tarek Bel hadj Mohamed.

Mohamed et Kaouther ont le grand mérite d’avoir choisi de se sédentariser dans leur milieu social initial au lieu d’opter pour l’exode vers les grandes villes ou pour l’émigration clandestine, à l’instar de ce que font de nombreux jeunes des régions déshéritées en Tunisie.

Source: DPA

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