Sadya Touré, porte-voix des femmes persécutées

29/4/2021

Excisée à 4 ans, Sadya Touré est devenue une figure de la lutte contre les inégalités liées au genre au Mali. Son rêve est de changer le sort de toutes ces femmes maliennes et africaines victimes de violences.

Tunis (dpa) - À l’image de ces millions de femmes et filles africaines victimes de mutilation génitale, la Malienne Sadya Touré s’était vue infliger ce supplice à l’âge de quatre ans, seulement. Cette expérience douloureuse l’a conduit, des années plus tard, à porter haut et fort la voix de toutes ces femmes, en créant en 2019 « Mali Musso », une organisation qui œuvre à promouvoir l’éducation et l’autonomisation des Maliennes, particulièrement, celles issues des régions rurales.

« Nous cherchons à affranchir nos femmes pour qu’elles puissent poursuivre leurs études et subvenir à leurs besoins. Grâce à l’éducation, nous pouvons lutter contre les violences sexuelles », souligne Sadya, 24 ans, dans un entretien accordé à la dpa. Journaliste de formation, blogueuse et doctorante en relations internationales, Sadya a toujours été engagée auprès d’organisations qui défendaient les droits des femmes. C’est au bout de cinq ans d’expérience au sein de la société civile qu’elle se rend compte de l’impératif d’autonomiser les femmes pour faire face aux violences auxquelles elles sont confrontées.

L’activisme de Sadya en faveur des droits de la femme malienne prend racine dans son histoire personnelle et celle de sa mère. Cette dernière l’a toujours poussée à s’investir dans la cause féminine et à défendre le droit des filles rurales à l’éducation. « Ma mère vient d’un village où il n’y’avait pas de collège. A 12 ans, les filles étaient soit mariées, soit envoyées dans la ville pour gagner de l’argent. Ma mère, elle, avait eu le courage de défier ses parents pour poursuivre ses études à Bamako », témoigne-t-elle.

« Créer cette association, c’est donner à ces filles en détresse une seconde chance », ajoute encore Sadya, auteure du livre « Être une femme ambitieuse au Mali », publié en 2018, lequel traite de différentes problématiques comme l’excision, le décrochage scolaire, la violence conjugale ou encore le mariage précoce. Sélectionnée, en 2018, parmi les 100 jeunes les plus influents de l’Afrique de l’Ouest par la Confédération de la jeunesse ouest-africaine (organisation membre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest- CEDEAO), Sadya ambitionne déjà de publier son second livre.

La jeune femme a également été sélectionnée pour figurer dans un ouvrage qui retrace la vie et le parcours de 25 femmes maliennes qui militent pour les droits humains en général et des femmes en particulier, et ce, dans le cadre d’un projet financé par l'Union européenne (UE) et mis en place par le réseau panafricain de défense des droits des femmes, WILDAF.
Elle projette actuellement de tenir un camp de formation destiné aux femmes qui aspirent à faire carrière dans la politique.

Le Mali connait la plus forte prévalence de mutilations génitales féminines en en Afrique de l'Ouest, selon un rapport publié, en juin dernier, par le Comité des droits de la femme des Nations Unies (CEDAW). En 2015, 82,7 pour cent des femmes âgées de 15 à 49 ans et 76,4 pour cent des filles âgées de 0 à 14 ans avaient subi des mutilations génitales féminines, indique ce rapport, faisant remarquer que cette pratique « inhumaine » se poursuit en toute impunité au Mali.

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