Mamou : la pandémie de Coronavirus a largement impacté la production agricole

30/7/2021

A l’image d’autres secteurs socioéconomiques du pays, la production agricole dans une large mesure a, sur toute la chaîne de production, été impactée par la survenue de la pandémie de Coronavirus en Guinée en 2020.

Ce constat est palpable dans la région administrative de Mamou, région considérée comme la plus grandes zone de production maraîchères de la Guinée, avec l’implantation de plusieurs groupements agricoles œuvrant tant la riziculture que dans la culture de la pomme de terre, de l’aubergine, du piment, de la tomate, du gombo et d’autre type de condiment à faible niveau de production.

A en encore aux responsables de la direction préfectorale de l’agriculture de Mamou et aux producteur de la zone de Soumbalako, de Dounet et d’autres localités de la région, les agriculteurs et même les paysans ont traversé des moments difficultés, voire très critiques avec la baisse de production mais aussi les difficultés liées au transport et à l’écoulement de leur productions locales, qui constitue le fondement même de leur capital

Interrogée à Mamou, Mme Aissatou Baldé, responsable du genre et environnement au niveau de l’Union de groupement de Soumbalako (UGAS) et productrice dans un groupement agricole, n'a pas manqué de souligner quelques difficultés rencontrées par les femmes de son groupement agricole.

« Dans notre programme d’activité, nous avons eu assez de problèmes à cause de cette maladie, parce que nous n’avons pas pu écouler nos produits. Comme vous le savez, nous travaillons des produits périssables (pomme de terre, aubergine, tomate, piment etc.) », a dit Mme Baldé, avant de préciser que son groupement ne dispose pas de matériels ou de logistique adaptée pour le stockage des produits. Et d’ajouter « nous n’avons pas de chambres froides, ni d’unités de transformations. Donc nous sommes obligés de mettre ces produits dans des camions afin de les envoyer vers Conakry ou Siguiri. Mais à cause du coronavirus et avec la limitation des mouvements avec le confinement, les camions ont deux jours avant d’arriver à Conakry, alors qu’avant une seule journée suffisait pour arriver à destination. A leur arrivée à Conakry avec ce périple, nous constatons souvent que les produits sont déjà pourris et donc non vendables. Donc nous n’avons pas pu commercialiser nos produits, les pommes de terre étaient stockées ici, dans un magasin qui n’était pas approprié pour la conservation desdits produits ».

Pour faire face à ces difficultés et empêcher l’arrêt des activités agricoles, les groupements agricoles auxquels est affilié Mme Baldé n’ont pas tari d’initiative aussi novatrice que courageuses. Toutefois, les groupements ont bénéficié de l’appui du président de la république à travers Enabel (agence belge de développement), pour l’obtention de quelques semences et des engrais.

Se faisant dit-elle, « chacun a eu un peu pour relancer son activité dans le groupement. A part ça, nous n’avons pas eu d’autres appuis d’abord. Il y a eu des missions d’évaluations des difficultés des agriculteurs, mais pour l’instant nous n’avons pas eu de financement ».

Toutefois, les missions qui sont venues faire l’évaluation de la situation des producteurs ont toujours rassuré les agriculteurs, nonobstant que les promesses ne sont pas encore au jour, car pour l’instant aucun soutien matériel ou financier à l’instant.

Dans le souci de relancer très rapidement les activités agricoles dans la région de Mamou, Mme Aissatou Baldé a invité le gouvernement guinéen les partenaires étrangers à faciliter l’acheminement des engrais à prix abordable et des semences de pomme de terre à temps opportun.

En plus des engrais et des semences, les groupements agricoles formulent aussi d’autres préoccupations à travers la voix de Mme Aissatou Baldé «nous avons besoins d’un système d’irrigation qu’on appelle irrigation goutte à goutte, qui permet de ne pas gaspiller l’eau ».

Sur l’importune de l’activité agricole sur les femmes notamment, elle dira « je rappelle que cette activité agricole permet à beaucoup de femmes de venir en aide à leur famille. Les enfants de toutes les femmes qui évoluent dans l’union sont scolarisés, notamment des jeunes filles qui sont tous dans des écoles privées. Elles aident aussi leurs maris dans certaines circonstances.»

Pour sa part, El Hadji Kalo, présidente de l’Union des groupements des producteurs agricoles de Soumbalako (UGAS) a estimé en millions de dollars les pertes subies par les agriculteurs à cause de coronavirus.

« Ce qui reste clair, nous avons commandé 400 tonnes de semences de pomme de terre, avec plus de 3 milliards de francs guinéens (GNF), soit plus de 315 mille dollars US. Lorsque nous avons distribué la semence et nous avons récolté les productions, il n’y a pas de chambres froides, pas de grands magasins pour la conservation, ce qui fait que les pommes de terre pourrissent, ou elles sont attaquées par la teigne ou alors elles germent simplement », a dit Monsieur Kallo, avant de préciser « dès que la pomme de terre germe, elle perd sa valeur. Pour l’aubergine aussi nous n’avons pas pu vendre, car les restaurants, les hôtels, les supermarchés étaient fermés et il n’y avait pas de grandes cérémonies ».

Cette situation du moins préoccupante est quasi unanime chez tous les producteurs interrogés dans la région administrative de Mamou et soutenus par les ingénieurs rencontrés à la direction nationale de l’agriculture.

Diané Mamadou, Directeur préfectoral de l’Agriculture (DNA) de Mamou est sans équivoque, parlant de difficultés rencontrées par les agriculteurs de sa région.

« Dans le secteur agricole, les producteurs ont été effectivement impactés par l’arrivée de la maladie de coronavirus, car le mois de mars 2020, date de l’apparition de la COVID-19 en Guinée, est une date qui correspond au moment des récoltes des cultures maraichères et c’est le pic de la production aussi bien de la pomme de terre, de l’aubergine, de la tomate et du piment » a dit le directeur national de l’agriculture.

Selon lui, il y a eu d’énormes pertes avec une estimation de près 60% de perte de la production locale des cultures maraichères ou riziculture, soit environ 2 400 tonnes ont été perdues.


Formulant les attentes des populations agricoles de la région face aux difficultés survenues avec la COVID-19, M. Diané a indiqué qu’il y a eu des plaidoyers à travers des rapports dressés par ses services sur la base des informations fournies par les producteurs

Il a tout de même, souligné qu’il est essentiel d’aider les agriculteurs à reconstituer leur capital (fonds de roulement), apporter des entrains agricoles comme les semences, les engrais et outil de production, les aider à avoir les moyens de conservations pour garder leurs productions et enfin réaliser des réaliser des infrastructures routières pour le désenclavement des zones de production et aménager des de terres pour rentabiliser la production.

Au nom des producteurs de Bounet, M. Thierno Bemba Diallo, Maire de la commune urbaine de Dounet a reconnu que « la maladie a eu beaucoup d’impact sur la production, notamment la production maraichère dans la commune rurale de Dounet et que cet impact a été ressenti sur la vente des productions locales du faite que le transport était très difficile avec le confinement et l’état des routes ».

Il a mentionné qu’à cause de cette situation les prix de vente des produits (pomme de terre, aubergine, tomate, piment, gombo) ont subi une chute vertigineuse, avec une baisse de plus de 70% de leurs prix habituels.

Face à cette nouvelle donne du moins inattendue pour les producteurs de Dounet, le Maire a affirmé que certains partenaires intervenant dans la localité ne sont pas restés indifférents. C’est le cas par exemple cite-t-il, d’Enabel (agence belge de développement) qui a épaulé beaucoup de producteurs d’ici et l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS).

Selon lui, cette organisation sous régionale (OMVS) à travers le Programme de gestion intégrée des ressources en eau (PGIRE 2), a fait des aménagements et clôtures grillagées dans les zones de production.
« Je peux dire que si PEGIR I n’a pas eu beaucoup d'impacts ici, mais avec PGIRE II a eu assez d’impact sur les protecteurs, à travers plusieurs projets et des réalisations en faveurs des populations de Dounet.

En guise d’attentes des producteurs, il a mis l’accent sur le volet transport des produits vers les marchés d’écoulement à Conakry et vers d’autres destinations comme les pays limitrophes de la sous-région. Il n’a pas oublié non plus de rappeler la nécessité d’accompagner les producteurs pour l’aménagement des terres cultivables.

« Je pense que les producteurs souhaitent surtout d’avoir un appui pour le transport des produits locaux a dit monsieur le maire, avant de préciser qu’ils produisent beaucoup mais n’ont pas pu vendre à cause des difficultés liées au transport et au désenclavement.

Il estime que tous ces produits ne peuvent pas être consommés à Dounet ou à Mamou, d’où la nécessité pour les agriculteurs d’envoyer une bonne partie à Conakry et dans d’autres villes du pays.

Et de conclure « au nom de cette population de Dounet, j’interpelle le gouvernement à continuer les aides aux paysans. Nos producteurs sont capables de produire beaucoup, mais si les moyens de transport ne sont pas là, il y a aura forcément des pertes à leurs niveaux », a laissé entendre le Maire.

Lansana Camara
Envoyé spécial à Mamou
Pour www.conakrylive.info

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