(Multimédia) ZOOM AFRIQUE : La percée et la renaissance du commerce africain sous la tempête tarifaire

26/8/2025

NAIROBI/BEIJING, 26 août (Xinhua) -- Le 31 juillet, le président américain Donald Trump a signé un décret imposant de nouveaux droits de douane sur les produits exportés vers les Etats-Unis par 69 partenaires commerciaux. La plupart des économies africaines sont désormais soumises à des droits de douane de 15%, tandis que l'Afrique du Sud et d'autres pays font face à des droits allant jusqu'à 30%.

Cette tempête tarifaire a bouleversé le paysage commercial du continent africain. Cependant, face à cette pression, l'Afrique a démontré une capacité d'adaptation et d'ajustement remarquable. Le commerce sino-africain en croissance constante, l'accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continental africain (ZLECAf), la poursuite de la coopération avec des partenaires traditionnels tels que l'Europe, ainsi que l'émergence de nouveaux marchés comme l'Inde et les pays du Golfe ont contribué à construire une défense diversifiée permettant à l'Afrique de faire face aux défis extérieurs. L'Afrique est en train de se repositionner activement dans le commerce mondial en renforçant son intégration régionale, en diversifiant ses marchés et en améliorant sa place dans la chaîne industrielle.

Photo des visiteurs dans la Foire commerciale annuelle d'Ongwediva (OATF) à Ongwediva, en Namibie, le 24 août 2025. (Xinhua/Ndalimpinga Iita)
LES MARCHES DIVERSIFIES ATTENUENT LES CHOCS

La nouvelle politique tarifaire américaine a radicalement transformé le cadre de la Loi sur la croissance et l'opportunité de l'Afrique (Africa Growth and Opportunity Act, AGOA), en vigueur depuis 25 ans, en le faisant passer d'un mécanisme de préférences fondé sur la coopération en matière de développement à un système de commerce réciproque et de droits de douane punitifs. Néanmoins, son impact global sur l'Afrique reste contrôlable.
La raison clé réside dans le fait que la part des Etats-Unis dans le système commercial africain est limitée et en constante diminution. Selon le Rapport sur le commerce africain 2025 (African Trade Report 2025) de la Banque africaine d'import-export, entre 2010 et 2023, la part de l'Amérique du Nord dans les importations africaines est passée de 7% à 5%, tandis que sa part dans les exportations africaines a chuté de 17% à seulement 7%. A l'heure actuelle, l'Asie, l'Europe, les transactions internes au continent africain et le Moyen-Orient représentent plus de 90% du total des échanges commerciaux de l'Afrique. Les dernières données du Centre du commerce international (CCI) indiquent qu'en 2024, le volume total des échanges commerciaux entre l'Afrique et les Etats-Unis s'élevait à environ 67,4 milliards de dollars, soit seulement 5% du volume total du commerce mondial de l'Afrique.
Parallèlement, le commerce sino-africain continue de dominer, constituant un pilier stable de la structure commerciale africaine. En 2024, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique a atteint 295,6 milliards de dollars, marquant un nouveau record pour la quatrième année consécutive. La Chine est restée le principal partenaire commercial de l'Afrique pour la 16e année consécutive. L'économie chinoise et l'économie africaine sont hautement complémentaires : les ressources minérales et agricoles africaines répondent aux besoins en matières premières de la Chine, tandis que les produits manufacturés chinois et les technologies d'infrastructure soutiennent le développement autonome de l'Afrique. Même face à l'imposition de droits de douane supplémentaires par les Etats-Unis, les importations chinoises en provenance de l'Afrique ont continué d'augmenter, fournissant un soutien crucial aux exportations africaines.
De plus, la Chine a récemment annoncé un traitement au tarif douanier zéro sur 100% des lignes tarifaires en faveur des 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, une décision saluée par les économistes africains comme une "aide opportune et précieuse". Cette politique chinoise réduit non seulement de manière tangible les coûts d'exportation des produits africains, mais transmet également un signal clair et positif à l'Afrique : la Chine est prête à partager les opportunités de développement et à collaborer avec l'Afrique pour résister aux risques extérieurs.
Nformi Eugene Tawe, économiste camerounais, a souligné que, dans le cadre de la diversification continue de ses partenaires, l'Afrique devrait accorder davantage d'attention à l'Asie, en particulier à la Chine. "A l'ère du chaos mondial provoqué par la politique commerciale de M. Trump, cette initiative chinoise offre des opportunités majeures aux commerçants africains".








Photo prise le 15 septembre 2022 montrant la zone de libre-échange international de Djibouti. (Xinhua/Liu Chang)
ZLECAf : RENFORCER LA RESILIENCE INTERNE

La ZLECAf est en train de devenir un important tampon contre les fluctuations des marchés extérieurs. Selon le rapport de la Banque africaine d'import-export, en 2024, le volume des échanges commerciaux de marchandises en Afrique a rebondi de 13,9%, atteignant 1.500 milliards de dollars, inversant nettement la tendance à la baisse de 5,4% enregistrée en 2023 ; le commerce intra-africain a augmenté de 12,4%, totalisant à 220,3 milliards de dollars, témoignant d'une forte reprise. Avec la poursuite de la mise en œuvre de la ZLECAf, cette dynamique positive devrait se poursuivre.
Des progrès significatifs ont également été réalisés en matière de construction des mécanismes.
Selon le journal The EastAfrican, en date de février 2025, 48 pays africains ont déjà ratifié l'Accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine. Parmi eux, 19 ont déjà commencé à mener des activités commerciales conformément à ses mécanismes et protocoles, jetant ainsi les bases de l'intégration du continent africain.
La ZLECAf offre une fonction d'"amortisseur" à l'économie africaine. Face au fort impact des droits de douane imposés par les Etats-Unis, les pays africains ont réduit efficacement leur dépendance à l'égard d'un marché extérieur unique en renforçant considérablement leur commerce intra-africain. Parallèlement, en promouvant activement l'harmonisation des normes et la réduction des droits de douane, la ZLECAf crée un environnement prévisible et favorable à l'amélioration des capacités industrielles et de la valeur ajoutée en Afrique.

ELARGIR DES HORIZONS DE COOPERATION

Face à la pression tarifaire américaine, l'Europe, en tant que partenaire traditionnel de l'Afrique, continue de jouer un rôle stabilisateur. Les données du CCI montrent qu'en 2024, le commerce entre l'Europe et l'Afrique représentait 34,3% du commerce mondial africain, avec un volume stable. Les deux parties renforcent la cohésion de leur chaîne d'approvisionnement en harmonisant les normes et en améliorant la qualité, tandis que l'Europe soutient également l'industrialisation et la diversification de l'Afrique par le biais d'investissements et d'assistance technique.
L'Inde et les pays du Golfe constituent quant à eux de nouvelles forces de coopération Sud-Sud. Selon les données du Centre d'études stratégiques africaines (Africa center for strategic studies), depuis 2003, le commerce entre l'Inde et l'Afrique n'a cessé de croître, atteignant environ 103 milliards de dollars en 2023, faisant de l'Inde un partenaire commercial important de l'Afrique.
Parallèlement, les pays du Golfe étendent activement leur commerce non énergétique avec l'Afrique. Par exemple, les échanges commerciaux hors énergie entre les pays africains et les Emirats arabes unis, ont atteint 60 milliards de dollars en 2022, d'après un rapport de l'Observer Research Foundation Middle East (ORF ME).
Chloé Maluleke, experte sud-africaine des questions liées aux BRICS, a souligné : "La vraie résilience provient de l'intégration, de la production et de la prise de décisions autonomes". L'Afrique démontre par ses actions qu'elle est capable de gagner une position plus favorable dans le nouvel ordre commercial mondial grâce à l'intégration et à la diversification de ses coopérations. A l'avenir, l'Afrique continuera d'adopter une attitude ouverte pour coopérer et coexister avec le reste du monde, écrivant un nouveau chapitre marqué de percées majeures et une renaissance commerciale.

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